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L’été sera beau, l’été sera chaud!

Quelle chaleur !

Vous l’aurez peut-être remarqué mais le thermomètre s’affole depuis quelques temps…et ça devrait durer encore un peu. Enfin, ne boudons pas notre plaisir après ce printemps humide. Si le passage au-delà des 30°C est facilement toléré à la plage, il est en revanche une réelle épreuve dans nos bâtiments d’autant plus que les bâtiments les plus récents, bien isolés pour l’hiver, ont facilement tendance à surchauffer l’été.

Ce constat a forcément poussé notre travail d’énergéticien à dépasser l’approche déperditives pour aussi se pencher sur les questions apperditives. Comment faire cela en théorie ? Premièrement, oublions la RT2012 qui ne nous aidera pas là-dessus. Reste alors les outils de STD (Simulation Thermique Dynamique) qui sont précieux sur ces sujets mais lourds à mettre en œuvre sur de petits projets. Il reste alors les FPD (Faut Pas Déconner) qui reposent sur les bonnes pratiques et quelques principes élémentaires.

On peut facilement se passer de climatisation dans la partie nord du pays à condition de limiter les apports solaires, utiliser le freecooling/nightcooling et avoir de l’inertie. Ces principes sont facilement applicables en construction neuve mais quid de la rénovation ? Nous avons réalisé des études paramétriques en STD sur la rénovation du bâti haussmmannien parisien afin de valider ces quelques principes :

Premier principe : Eviter les apports

Les principales conclusions montraient que de bonnes protections solaires sont indispensables : Ces apports représentent plusieurs centaines de Watts/m² : Une fenêtre est équivalente à un radiateur en été. Seules les protections solaires extérieures offrent une réelle efficacité à condition d’être suffisamment opaques. Les protections intérieures évitent l’éblouissement mais n’ont souvent pas d’intérêt en termes de protection solaire. Les résultats montraient aussi que le comportement humain a un impact significatif sur dans bâtiments isolés : les apports internes liés à la cuisine par exemple, peuvent augmenter la température de 1 à 2°C. Bref, évitons la choucroute, mangeons du melon !

Deuxième principe : Favoriser la ventilation

De bonnes protections ne sont pas suffisantes pour éviter la surchauffe. Inertie ou pas, la chaleur finira par entrer dans le bâtiment, il est alors nécessaire de l’évacuer en ouvrant les fenêtres pour favoriser les courants d’air. Une ventilation traversante (sur des fenêtres disposées sur des façades opposées) offre une ventilation beaucoup plus importante qu’une fenêtre mono-orientée.

Attention cependant à ne pas garder les fenêtres ouvertes si la température extérieure est plus importante que la température intérieure ! Une station météo avec une sonde extérieure ne coûte pas chère et vous permettra de savoir quand ouvrir ou fermer les fenêtres. Accessoirement, si cette station mesure l’hygrométrie intérieure, vous saurez aussi s’il est nécessaire de mieux ventiler votre logement en hiver.

Troisième principe : S’adapter

Le corps humains a de formidables capacités d’adaptation : Si les chaleurs sont insupportables les premiers jours, nous nous habituons progressivement à notre environnement. A ce sujet, l’ICEB a publié un document fort intéressant si vous souhaitez approfondir ces questions de confort d’été. Notre confort dépend non seulement de la température de l’air mais aussi de la température des parois, de l’humidité de l’air, des courants d’air,… Ces questions de confort sont subjectives. Avec un bon courant d’air, le confort reste acceptable jusque 30-31°C. L’habillement jouera aussi sur le confort : Pour les bureaux, il est temps de laisser tomber la cravate, voire même de tolérer les shorts et sandales. Il est aussi important de bien s’hydrater en journée, le Mojito pourra attendre le début de soirée. L’écharpe africaine est aussi très efficace : un linge humide sur le coup ou la tête fera immédiatement baisser la sensation de chaleur (Avec le short et les sandales, vous serez merveilleux au boulot). Enfin, d’expérience personnelle, éviter le ventilateur directement sur les épaules : risques de torticolis important.

Quelques ressources:

Le guide ICEB sur le confort d’été

L’excellent livre de Thierry Salomon – Fraicheur sans clim’

La synthèse de nos études sur la rénovation du bâti parisien